Le verre après une grosse journée

1 commentaire by Simon Poulin

Je l'ai jamais remis en question, celui-là.

Les drinks du vendredi, les drinks de party, les drinks de mariage, oui. Ceux-là, je les voyais. C'était des choix.

Mais le verre après une grosse journée? C'était pas un choix. C'était un remède. C'était mérité.

Grosse journée, appels difficiles, quelque chose a pété, quelqu'un a démissionné. Tu rentres chez vous, tu te sers un verre. C'est pas boire, ça, c'est décompresser.

C'est ça que je me suis conté pendant des années.

Les deux verres

Pis à un moment donné, j'ai remarqué quelque chose.

Je versais deux verres différents.

Celui de célébration. Gros deal fermé, bonne nouvelle, du monde à la maison. Celui-là, il était satisfaisant. Je le prenais, je l'appréciais, je passais à autre chose.

Pis celui pour décompresser. Celui de grosse journée. Lui, il marchait pas de même.

Lui, il me jouait dans la tête. Parce que c'était pas de l'envie. C'était du besoin. Pis ce besoin-là, c'était une substance.

Le sentiment que j'avais « besoin » de quelque chose pour me sentir bien. Ou mieux.

C'est ça qui restait. Pas le verre. Le besoin.

Ce que le verre faisait vraiment

Le truc avec le verre de grosse journée.

Il finit pas la journée.

Il la remet à plus tard.

Le problème qui m'avait suivi jusqu'à la maison était encore là à 22h. Plus flou, plus mou, mais là. Pis il était encore là à 6h du matin, sauf que là il avait de la compagnie. La bouche sèche. Le mauvais sommeil. Le matin au ralenti.

Le verre fermait rien. Il poussait juste la journée dans le lendemain, avec de l'intérêt.

Ce qu'une grosse journée a vraiment besoin

Une grosse journée a pas besoin d'un verre.

Elle a besoin de finir.

C'est pas la même affaire. Ça m'a pris pas mal trop de temps à comprendre.

Finir une journée, c'est une vraie affaire. M'entraîner assez fort pour que mon corps change de sujet. Une marche sans téléphone. Cuisiner quelque chose qui prend les deux mains. Écrire les trois affaires qui ont mal viré pour que ma tête arrête de les tenir.

Rien de ça est impressionnant. Tout ça marche mieux que le verre.

J'ai gardé le rituel

Je vais être honnête, j'ai gardé le rituel.

Rentrer, ouvrir le frigo, verser quelque chose de froid dans un vrai verre, m'asseoir dix minutes. Ça, ça a jamais été le problème. Ça, c'est même bon.

Finalement, c'était le rituel qui faisait le gros du travail depuis le début. L'expiration. Le fait de s'asseoir. Le signal que la job est finie.

L'alcool faisait juste embarquer, pis prendre le crédit.

Le test

Aujourd'hui, quand je veux un verre après une grosse journée, je me pose une question.

Est-ce que je le voudrais une bonne journée?

Si oui, correct. C'est un verre que je veux vraiment, pis je vais l'apprécier.

Si non, c'est pas un verre. C'est une porte de sortie. Pis il y en a des meilleures.

Les grosses journées arrivent encore. Je rentre encore fatigué, brûlé, fini.

Mais le sentiment d'avoir besoin de quelque chose? Lui, il est parti. J'ai jamais eu besoin d'une substance pour me sentir bien.

J'avais besoin que la journée finisse.

La journée finit pareil.

Juste plus propre.

SP.

Simon Poulin, fondateur et PDG, Upside Drinks


1 commentaire


  • spunoutls@gmail.com sp

    I agree. The ritual rather than the substance was the important part. Thanks for the article.
    ———
    Upside Drinks replied:
    Thanks for reading, and for taking the time to write. That’s exactly it. The ritual was always doing most of the work, and once you see that, the rest gets a lot easier.


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