Je ne suis pas sobre. 4 ans plus tard.

5 commentaires by Simon Poulin

Par Simon Poulin, PDG et co-fondateur, Upside Drinks

Il y a quatre ans, j’ai arrêté de boire. Le 17 janvier 2022.

J’ai encore le Post it que j’avais collé dans mon garde-robe pour me rappeler cette date.

Ce qui a commencé comme un simple Dry January s’est transformé en quelque chose que je n’avais jamais prévu. J’ai écrit un article après un an. Puis un autre après deux ans. À chaque fois, j’essayais surtout de comprendre ce qui m’arrivait et qui je devenais.

Aujourd’hui, j’ai envie d’être clair.

Je ne suis pas sobre.

Et je suis bien à l’aise avec ça.

L’étiquette a aidé. Jusqu’à ce qu’elle n’aide plus.

Au début, la sobriété m’a donné une structure. Quelque chose à quoi me raccrocher quand tout était nouveau et inconfortable. Ça m’a aidé à dire non quand il le fallait et à rester constant quand la motivation baissait.

Mais avec le temps, l’étiquette a commencé à peser.

Des attentes.

Celles des autres.

Et les miennes.

Je ne faisais plus juste changer ma relation avec l’alcool.

Je commençais à protéger une identité.

Et à partir du moment où une identité a besoin d’être protégée, elle cesse d’être honnête.

La pression dont personne ne parle

Quand tu dis publiquement que tu es sobre, les gens regardent.

Parfois avec bienveillance.

Parfois avec curiosité.

Parfois avec un jugement déguisé en attention.

« Je t’ai à l’œil, Simon. Je te surveille. »

Oui, ça sonne banal. Presque comme une blague. Aucune mauvaise intention. J’en ai ri sur le coup.

Mais ça m’est resté en tête.

Pas de façon dramatique. Plutôt comme une petite démangeaison constante. Je me surprenais à y repenser. En auto. Sous la douche.

Et je détestais ce feeling-là.

Cette phrase a changé quelque chose pour moi. Pas parce que je voulais boire. Mais parce que je ne voulais pas me sentir observé dans ma propre vie.

C’est là que j’ai compris quelque chose d’important.

Une relation saine avec l’alcool ne devrait pas avoir besoin de validation ni de surveillance.

Ce qui a vraiment changé

Le vrai changement n’avait rien à voir avec l’alcool lui-même.

Je ne bois plus pour le feeling. Je ne bois plus pour fuir le stress, engourdir des émotions ou me déconnecter. Ce travail-là ne vient pas juste du fait d’enlever l’alcool. Il vient des questions difficiles que je me suis posées.

Aujourd’hui, quand je bois, c’est intentionnel.

Ce n’est pas planifié.

Ça ne vient pas d’une habitude ou d’une pression.

Ça peut arriver de temps en temps. Parfois une fois par mois. Parfois plus. Parfois pas du tout.

Ce qui compte pour moi, ce n’est pas la fréquence, mais la raison.

Et la plupart du temps, ça n’arrive pas.

La consommation consciente n’est pas une échappatoire.

Boire de façon réfléchie, ce n’est pas contourner des règles ou justifier des habitudes.

C’est une question de prendre conscience.

Il n’y a pas de guide. Pas de ligne d’arrivée. Il faut s’écouter et accepter que la réponse puisse changer avec le temps.

Pour moi, la consommation consciente, c’est choisir la clarté plutôt que l’engourdissement. Le progrès plutôt que la perfection.

Mon parcours n’est pas le tien

Une des plus grandes leçons des quatre dernières années, c’est qu’il n’existe pas de chemin universel.

Certaines personnes ont besoin d’abstinence complète. D’autres ont besoin de limites. D’une pause. Ou simplement de soutien.

J’ai vu à quel point de petits changements peuvent créer de vrais déclics.

Une conversation honnête.

Une boisson sans alcool.

Une décision prise sans pression.

Où j’en suis aujourd’hui

On me demande encore si je vais boire de nouveau un jour. Ma réponse n’a pas changé.

Je ne sais pas.

En ce moment, ce mode de vie m’apporte plus qu’il ne m’enlève. Je me sens plus clair. Plus présent. Plus aligné. Et ça me suffit.

Si un jour vous me voyez avec un verre à la main, ça ne voudra pas dire que j’ai échoué. Ça voudra dire que je continue de m’écouter. On pourrait même lever notre verre à ça.

Et c’est exactement de ça que ce parcours a toujours été question.

SP.


5 commentaires


  • Helga Rausch

    Thanks for sharing your story, Simon. It is important to understand that the decision to drink or not drink is personal. For some, it has to be an all or nothing proposition. For some it’s about harm reduction and moderation. I respect all of it. I think the problem with the label “sober” is that many drinkers see one’s decision not to drink, either in the moment or as life-long project, as a judgement of themselves: a common, and regrettable, response. This may be expressed in behaviours like hassling the non-drinker, or looking for them to “stray from the path,” so they can say, “See, you’re not so perfect,” to help them feel better about themselves.
    ———
    Upside Drinks replied:
    You explained that really well. The pressure and projection you’re describing is real, and a lot of people quietly experience it without having the words for it. Your perspective adds a lot of nuance to the conversation. Thank you for taking the time to share it.


  • Nicolas

    Simon, merci pour votre commentaire franc et honnête. J’ai eu un cheminement similaire. J’ai débuté en 2020 alors que tout le monde buvait plus dans mon quartier, pandémie oblige. Mais aux Fêtes, j’étais revenu à la “normale”. En 2021, j’ai fait le 30 jours sans alcool en janvier et ma relation avec “ma blonde” (l’alcool!) de l’époque a changé. On a vraiment “cassé”. Pendant des mois, je n’ai pas voulu revoir mon ex, ça me rappelait trop de bons et de mauvais souvenirs. Soyons honnête, j’ai eu de très belles années avec mon ex : on a ri, on a fait des conneries, on a vu le soleil se lever… mais j’ai eu avec le temps le mal à l’âme parce que je ne m’occupais pas de moi. Je m’étais oublié. 4 ans plus tard, moi aussi, je prends à l’occasion un verre ou un demi-verre (il existe maintenant des mini-cocktails!), toujours consciemment. Dans mon cas, pour fréquenter à nouveau l’alcool, je dois être avec des amis (ne plus boire seul), l’alcool doit être d’une qualité irréprochable, et ça doit être spontané. Comme je n’aime plus l’effet, je m’arrête après 1 verre. Je peux me compter chanceux. Alors peu importe le chemin de chacune et chacun, l’important est de s’aimer, de ne pas s’enfermer dans un autre dogme, de le faire pour les bonnes raisons et d’écouter son coeur. Bon succès!
    ———
    Upside Drinks replied:
    Merci d’avoir partagé ça. Ton parcours est super lucide et honnête. Le plus important c’est exactement ça, s’écouter et faire les choses consciemment, à son rythme. Un grand respect pour le chemin que t’as fait. Bravo et bon succès à toi aussi!


  • Tom

    It always helps to get a fresh perspective on an “old problem” – thanks for sharinf your thoughts as they are appreciated.
    ———
    Upside Drinks replied:
    Thank you, appreciate it!


  • Mary

    I used to love my red (alcoholized) wine. Had it with dinner pretty much every night. Then I got COVID…then Long COVID. Something crazy happened. A sip of wine was like a horrid, fizzy, disgusting tasting experience. COVID did that to me. Best thing that happened? Discovering upside drinks. Now dinner was still that pleasant experience I had grown used to. When you like wine with your dinner, there just isn’t a good substitute at all. Of course de-alcoholized or non-alcolholic wines aren’t an exact substitute, but they are the best possible substitute, for sure!!
    ———
    Upside Drinks replied:
    That’s honestly such a crazy story. Losing that taste overnight must’ve been a shock, especially when wine was part of your daily routine. I’m really happy you found a new way to keep that dinner ritual alive. Thank you for sharing this, it means a lot.


  • Kathy Cromwell

    I absolutely love the words and feel it is exactly how I feel and have lived for a few years now. I feel authentic now , almost freeing me to feel completely comfortable in my own skin and decisions I choose to make .
    Thank you !
    ———
    Upside Drinks replied:

    ———
    Upside Drinks replied:
    Love reading this Kathy! That sense of being fully aligned with yourself is hard to describe until you actually live it. When you stop fighting your own decisions and start trusting them, everything feels calmer and more honest. Thank you for sharing that with me, it means a lot.


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