De temps en temps, quelqu'un me demande comment
Ça n'arrive pas souvent. Aux deux mois, peut-être. Des fois encore moins.
Mais de temps en temps, quelqu'un me prend à part quand ça devient un peu plus tranquille pis qu'on est juste nous deux.
D'habitude, je sais où la conversation s'en va avant qu'ils finissent la question.
Comment t'as fait? Est-ce que c'est devenu plus facile? Est-ce que ça te manque?
Je ne suis jamais celui qui en parle
Ça, c'est important.
Je ne parle pas de ma façon de boire à moins qu'on me le demande. Je n'oriente pas les soupers là-dessus. Je ne scanne pas la table pour trouver quelqu'un à sauver.
Fait que quand la question arrive, elle est à eux. Ils la gardent en dedans depuis un bout, des fois des mois. Voir un gars le faire tranquillement, sans en faire tout un plat, c'est ce qui l'a rendue posable.
C'est la seule raison qu'elle vient à moi au lieu d'une barre de recherche. Parce que ça n'avait pas l'air d'une conversion.
Ce que je ne fais pas
Je ne leur vends pas toute l'affaire.
Pas de défi de 30 jours. Pas de « tu vas te sentir incroyable à la semaine deux ». Pas de statistiques sur le sommeil. Pas de avant-après.
C'est comme ça qu'on perd quelqu'un. La seconde où ça sonne comme un pitch, ils sont déjà à moitié sortis, à hocher la tête poliment, en planifiant de ne jamais en reparler.
Personne qui pose une question tranquille à la fin d'une soirée ne veut se faire recruter.
Ce que je dis pour vrai
En général, une version de deux ou trois affaires.
T'es pas obligé d'arrêter, si c'est pas pour toi. Boire moins, c'est pas tout ou rien, pis le traiter de même, c'est ce qui le rend impossible.
Commence par un seul défaut, pas par toute ta vie. Prends la chose la plus facile à changer, pis change juste celle-là. Assez petit que tu ne peux pas vraiment la rater.
Pis ça a le droit d'être tranquille. Tu ne dois d'annonce ni d'explication à personne.
Mais honnêtement, la plupart du temps, j'écoute, c'est pas mal ça.
Parce que d'habitude, ils connaissent déjà la réponse. Ils ne cherchent pas une méthode. Ils cherchent à s'entendre dire que c'est correct de vouloir ça. Que de le vouloir, ça ne veut pas dire qu'il y a de quoi qui cloche chez eux.
Pourquoi c'est à moi qu'ils demandent
Je me suis demandé pourquoi la question tombe sur moi.
Ce n'est pas parce que je suis un expert. Je ne le suis pas. Je bois encore des fois. Je n'ai pas de médaille, pas de streak, pas de chiffre.
Je pense que c'est exactement ça. Je ne vends rien. Je ne suis pas l'histoire d'horreur pis je ne suis pas le success story. Je suis juste un gars qu'ils connaissent qui a changé de quoi pis qui a l'air correct.
C'est moins intimidant qu'un programme. Ça a l'air possible parce que ça a l'air normal.
Où je laisse ça
Je ne suis le coach de personne. Je ne fais pas toujours de suivi. Je ne vérifie pas s'ils en ont fait quelque chose.
En faire ma job gâcherait la seule affaire qui les a fait demander au départ.
Mais de temps en temps, quelqu'un y va en premier parce qu'il a vu quelqu'un d'autre y aller en premier sans en faire un plat.
Fait que quand c'est mon tour d'être ce quelqu'un-là, je garde ça simple. Dire la vérité. Garder ça petit. Les laisser partir avec.
Ça n'arrive pas souvent.
Mais quand ça arrive, je veux le faire comme du monde.
SP.
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