Diminuer l'alcool a réduit mon cercle d'amis
J’ai grandi dans une grande famille. Trois frères et une sœur.
Il y avait toujours du bruit. Du mouvement. Du monde à la maison.
J’ai fréquenté plusieurs écoles, donc plusieurs groupes d’amis.
J’ai fait du sport toute ma vie. Je suis un joueur d’équipe par nature.
J’ai toujours été bien entouré.
Je ne dis pas ça pour me vanter. Juste pour du contexte.
J’aime être avec des gens. J’aime organiser. J’aime rassembler. Des soupers. Des voyages. Des soirées. J’aime créer des moments magiques.
Pendant longtemps, avoir un grand cercle était naturel pour moi.
Puis la vie change. Elle évolue.
On vieillit.
On a des enfants.
Le travail prend plus de place.
Les responsabilités deviennent réelles.
Le cercle commence à se réduire.
Et ça, c’est normal. Presque tout le monde qui a mon âge vit la même chose. C’est organique. Naturel. Logique.
Le temps devient rare.
Et le temps, on ne peut pas négocier avec lui. On ne peut pas en créer davantage. On commence à réaliser que chaque soirée, chaque souper, chaque week-end a un coût.
Avec la maturité vient la clarté. Avec de nouvelles expériences, des pertes autour de nous, la perspective change. On commence à se poser d’autres questions.
Est-ce que je passe mon temps là où ça compte vraiment?
Et en parallèle, j’ai arrêté l’alcool.
C’est là que j’ai remarqué autre chose.
Une autre forme de réduction.
Parce que quand l’alcool n’est plus au centre de la soirée, du moment, certaines relations changent.
Certaines amitiés ont été crées sur des valeurs communes.
D’autres des intrêts similaires.
D’autres sur un histoire semblable.
Et certaines étaient simplement basées sur le fait de boire ensemble.
Quand on enlève ça, on voit ce qu’il reste.
Je me suis rendu compte qu’avec certaines personnes, une fois sobres, on ne se connaissait pas vraiment.
Ma règle est devenue simple: si je ne sais pas si tu as un frère ou une sœur, tu n’es probablement pas un véritable ami.
Tu peux être quelqu’un de bien.
On peut rigoler ensemble.
On a peut-être vécu de très bonnes soirées.
Mais les vrais amis connaissent ton histoire. Ils connaissent ta famille. Ils conaissent tes forces, et aussi tes faiblesses.
Et tu connais les leurs.
Un grand cercle, ça fait bien. Ça donne l’impression d’être connecté.
Mais la base d’une vraie amitié ne se mesure pas au nombre de personnes que tu peux inviter à une fête.
Elle se mesure à ceux qui sont là quand ça ne va pas bien.
L’alcool n’a pas détruit mes amitiés.
Il les a filtrées.
Et honnêtement, ça me va.
Le cercle est plus petit aujourd’hui.
Mais il est plus profond.
Plus intentionnel.
Plus réel.
Et c’est ce qui me rend heureux.
SP.
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