Une date sans alcool (et pourquoi c'est plus agréable)

by Simon Poulin

Pendant longtemps, j’ai supposé que l’alcool faisait partie du deal.

Une vraie date incluait de l'alcool.
Du vin au souper. 1-2 ocktails avant. Quelque chose pour se mettre dans l’ambiance.

Pas parce que j’en avais besoin.
Juste parce que c’est comme ça que ça avait toujour sété comme ça. Ça donnait un peu de confiance. Ça rendait les conversations plus faciles.

Alors les premières fois que nous n'avons pas bu, ça semblait… incomplet. Comme si nous avions sauté une étape.

Ce qui m’a surpris, ce n’était pas que c'était ennuyant. C’était que c’était finalement plus agréable.

Ce que l’alcool était censé faire.

Le rôle de l’alcool dans une date est subtil.

Ça adoucit les contours.
Ça baisse la garde.
Ça rend les silences moins confrontants.

Ça crée l’impression que quelque chose se passe, même quand rien de particulier ne se passe vraiment.

Ça marche. Pendant un moment.

Mais ça fait aussi autre chose: ça remplit un espace qui n'a en réalité pas besoin d'être rempli.

La conversation devient plus facile, mais aussi plus lâche.
La connexion semble plus chaleureuse, mais aussi plus floue.
La présence est échangée par le momentum.

Je ne l'ai pas remarqué au début. Parce que l'alcool donne l'impression que c'est facile et fluide.

Ce qui change quand il n'y en a pas

Un tête-à-tête sans alcool se ressent presque immédiatement.

Le rythme ralentit.
Il y a plus de contact visuel.
Les pauses sont plus longues.

Au début, ça peut sembler gênant. Comme si vous étiez plus exposé. Comme s'il n'y avait rien pour vous protéger du moment.

Mais après, quelque chose d'autre se produit.

Vous écoutez plus attentivement.
Vous vous souvenez de tout ce qui a été dit.
Vous remarquez le ton, le timing, les petits changements d'énergie.

La soirée cesse d'être une question de fluidité pour devenir une question de présence.

Il s'avère que l'intimité n'a pas besoin de lubrification sociale. Ça demande de l'attention.

Sans alcool, le cadre compte un peu plus.

Ce qui a remplacé l'alcool

Nous nous sommes tournés vers des choses simples :

  • Des marches
  • Un café
  • Allez se prendre un dessert au lieu d'un verre
  • Aller au Cinéma
  • Une soirée jeux (où j'ai découvert un côté de ma fiancée que je n'avais jamais vu. À quel point elle est compétitive. Je pensais que c'était mon rôle!)

Pas d'énergie fictive. De la 'vraie' énegie.

Le genre qui reste stable au lieu de monter en flèche puis s'effondrer.
Le genre qui ne nécessite pas de récupération.

Ça change aussi la façon dont la soirée se termine.

On ne force pas les choses.
On ne reste pas juste parce que l'alcool faase encore effet.
On part quand on sent que c'est terminé.

Ça la soirée intentionnelle plutôt qu'artificiellement prolongée.

Les conversations deviennent plus honnêtes

Sans alcool, il y a moins de performance.

Moins d'exagération.
Moins d'efforts pour être charmant sur commande.

Ce qui le remplace est plus calme, mais plus réel.

Vous dites des choses et les pensez.
Vous ressentez quand un sujet compte au lieu de le survoler.

Tous les moments ne sont pas magiques. Certains silences sont juste des silences. Mais c'est en quelque sorte le but.

Quand une connexion est réelle, elle n'a pas besoin d'une stimulation constante pour rester vivante.

Et quand ce n'est pas le cas, l'alcool peut cacher ça plus longtemps qu'il ne le devrait.

La mémoire est sous-estimée.

Ça semble évident, mas c'est facile de le sous-estimer.

Vous vous souvenez totalement de la soirée.

Les détails.
Les blagues.
Les conversations.

Ces souvenirs s'empilent. Ils deviennent partie intégrante de la relation au lieu de se dissoudre dans un sentiment général que « c'était agréable ».

La présence s'accumule.

Et l'absence aussi.

Supprimer l'alcool rend très clair ce que vous choisissez.

Ce à quoi je ne m'attendais pas

Je pensais qu'une date sans alcool serait 'incomplète".

Au contraire, ça l'était davantage.

Pas parce que c'était plus excitant.
Mais parce que tout était vraie.

Juste deux personnes qui s'apprécient et qui sont attentives l'un à l'autre.

Est-ce que l'alcool nous manque?

Parfois.
À des moments précis.
Dans des humeurs spécifiques.

Mais ce qui m'a surpris, c'est à quel point ça revient rarement et à quel point ça a peu à voir avec le plaisir.

Nous rions toujours.
Nous avons toujours des 'insides'.
Nous quittons toujours les soirées avec des histoires.

La différence, c'est que les souvenirs restent.
Ils sont plus clairs. Plus drôles. Les nôtres.

Ce qui nous manquait n'était pas l'alcool.
C'était l'idée que l'alcool était responsable du plaisir.

Une fois cette idée abandonnée, le plaisir est resté.

Le côté positif

Il ne s’agit pas de règles.
Ou d’abandonner.
Ou de faire les choses de la « bonne » manière.

Il s’agit de rencontrer quelqu’un sans raccourci.

Sans l’alcool pour adoucir les choses, vous apprenez réellement à connaître la personne en face de vous.
Pas la version plus bruyante.
Pas la version plus facile.
La vraie.

Vous devez être présent.
Écoutez mieux.
Apprenez à être à l’aise avec les silences.
Trouvez la confiance sans l’emprunter.

Ce travail ne change pas seulement la date.

Il vous change.

L’alcool n’est gage de plaisir.
Ça peut ajouter quelque chose à un moment, mais ça ne peut pas construire une relation.

Quand vous l’enlevez, ce qui reste est plus simple.

C'est plus honnête.

Et c’est cette honnêteté qui est à l’origine de la vraie connexion.

SP.


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